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jeudi 16 novembre 2017

Gambacorta Dorothée

Nom: Gambacorta Dorothée
Race: Halfelin Pieds-Légers
Naissance: 10 Marpenoth 1333
Nationnalité: Cormyrienne
Classe: Magicienne, abjuratrice
Profession: Alchimiste
Résidence: Hoonshar, visite de sa demeure
Compagnie d'aventuriers:Les fils de la Gorgone (1353 -1363) puis les Écus de Fortune
Organisation: les Ménestrels

Dorothée est née durant l'année du Gerfaut dans la ville de Wheloon, en bordure de la rivière Wyverflow. Elle passe une enfance tranquille dans la petite cité et découvre ses talents profanes à l'âge de 14 ans alors qu'elle s'amuse dans les jardins du temple de Mystra.
Après quelques années de noviciat sous la houlette de sœur Thérèse des Essarts, elle renonce à la religion pour exploiter son talent de manière plus personnelle. A 20 ans, elle se joint au groupe d'aventuriers " Les fils de la Gorgone" Elle parcourt, pendant quelques année, la Sembie, le Cormyr et les Vaux. Ses pas la conduisent jusque dans le bief de Vilhon.

Elle quitte le groupe en 1363 et rallie Valombre. Dans le célèbre village des Vaux, elle étudie sous la direction de Jazrac de Saerloun, un magicien membre de l'organisation des Ménestrels. Ce dernier lui transmet le goût de l'étude et de la recherche. Son mentor lui apprend l'art de l'alchimie, art que Dorothée maîtrise rapidement.
Durant l'année du Bâton, à la mort de Jazrac, tué alors qu'il portait secours à une autre de ses protégées (Roman les soldats de glace), Dorothée s'engage aux côtés des troupes cormyriennes dans la guerre qui les opposent aux orques. Suite à ses actions, elle est, sous l'impulsion du Père Lancelle de Chauntéa, invitée à devenir membre officiel des Ménestrels. Elle s'installe dans la cité de Honshar, à l'entrée du col du Tonnerre.


vendredi 7 décembre 2018

Fall Of Cormyr 03

Il faut sauver le cadavre d'Astryax

26 mirtul 1372 Cv

La citadelle (Zone 1) - 17h00

Suite  à leur piteuse retraite face aux hordes maléfiques, les compagnons des Écus de Fortune se matérialisent non loin de l'université de magie d'Arabel. Quelle n'est pas leur surprise de constater que cette dernière est totalement déserte. C'est avec angoisse qu'ils comprennent que la ville est abandonnée. Quel nouveau maléfice est donc à l'oeuvre entre ces murs ?
Remontant l'avenue depuis la Porte de Calanthar (Zone 18), ils gagnent le quartier du Palais (zone 1). La population est en fait regroupée dans un secteur contrôlée par les troupes de la Comtesse Floriane de Bonfils. Sur la grand place, un puissant rituel est en cours: des mages de guerre maintiennent ouvert un immense seuil magique à travers lequel les arabellois quittent une ville vouée à la destruction. Les aventuriers apprennent que le Roi en personne est venu au secours de son peuple. Au vu de la mission qui leur était confiée, ils sont immédiatement conduit par le Comte Francis D'Ergaton devant Azoun le Dragon Pourpre.

L'audience a lieu dans la grande salle du Palais en présence de la Comtesse Floriane, du Comte d'Ergaton, de la paladine Toréa des Porte-Glaive et des responsables de la milice arabelloise.  Les compagnons font un rapport circonstanciés des événements et précisent la nature et la composition de la force ennemie. Ils sont contraints de reconnaître l'échec de cette première tentative de porter secours à Vangerdahast. De plus, la mort d'Astryax est un coup dur porté à la Compagnie des Ecus de Fortune mais aussi au Roi. En effet, le Comte Astryax de Valcroix est connu pour sa fidélité sans faille à la couronne.

De fait, la compagnie obtient l'engagement du Roi quant à  l'octroi d'une gemme pour faire revenir à la vie le héros disparu. L'un des arguments défendu par Dorothée est que le Baron a été confronté à l'étrange créature démoniaque Boldovar. Les rares éléments dont les compagnons sont

  • Boldovar est une créature diabolique,
  • Boldovar dévore la magie,
  • Vangerdahast se trouve dans le temple de village de Conteville,
  • Vagerdahast est prisonnier d'un charme puissant

Il est clair que c'est bien peu de chose, aussi pensent-ils avoir recours aux services d'un clerc d'Oghma pour découvrir ce qu'est un "Boldovar" en se rendant dans la bibliothèque royale de Suzail. Le naïf Richard pense que quelques heures de recherche suffiront à découvrir le mystère qui entoure le monstre, Gambacorta douche l'enthousiasme du ranger en lui rappelant qu'un simple nom ne permettra pas d'identifier si aisément Boldovar. Il existe des centaines de grimoires, voire des milliers de grimoires profanes et divins faisant référence aux créatures des enfers. Et il faudra probablement de longs jours de recherche pour découvrir une information pertinente. Cependant, tous conviennent que le temps presse. Les héros s'accordent pour confier à Miha Seranis, la jeune barde, le soin de commencer les investigations. 

Après avoir pris un repas frugal, s'être changés et restaurés, Dorothée et ses compagnons annoncent au Roi qu'ils doivent se rendre à Kundrukhar, la citadelle de l'Alaghar Bolak. Ce dernier doit se recueillir dans son temple afin de se préparer à faire revenir l'âme Astryax d'Eau Brillante, le Domaine de la Dame. Une fois cela fait, la Compagnie retournera à Conteville afin de délivrer le Mage Royal et de ramener le corps d'Astryax. Leur mission accomplie, ils rejoindront sa Majesté à Suzail où ils retrouveront Miha.

Après un repas léger, un repos long et des prières dans le Temple des Haches, Dorothée invoque de nouveau un sortilège de téléportation.

27 Mirtul 1372 Cv 

Alors que l'aube se devine à peine, les Écus de Fortune se téléportent depuis la cité naine dans une chaumière désormais connue en bordure de Conteville. La première constatation est que les troupes d'invasion sont moins nombreuses bien que toujours présentes. Sous couvert d'invisibilité, ils s'infiltrent dans les lignes ennemies jusqu'aux abords de la colline couronnée par le temple de Chauntéa


Eglise de Chauntéa Conteville 4h du matin

L'approche de la colline se révèle plus difficile que prévu car de nouveau les sentinelles gobelines se montrent extrêmement vigilante.

Des zombies très résistants ralentissent les héros.

Les abords du bâtiment sont tenus par des zombies ogres issus des rangs des combattants tombés au combat. Les morts-vivants ne représentent pas une grande menace mais ils sont très résistants.


Aux prises avec des démons des ombres !

Au pied du clocher, Richard et Toréa découvrent une tas de corps de femmes dénuées probablement précipités depuis le sommet.
Plusieurs démons des ombres se tiennent tapis en embuscade dans les couloirs de l'église. Et ils se montrent peu enclins à céder le passage aux héros.


Gambaccorta retrouve Astryax, désormais zombifié, dans la grande nef.

Dans le nef centrale, Dorothée retrouve Astryax sous forme de zombie. Le corps du Baron, animé par une sombre magie, est contraint d'effectuer des pas de danse Carole sans partenaire. Le prêtre de Chauntéa, lui aussi zombifié, répète inlassablement une prêche incompréhensible sous les yeux de paroissiens morts battant des mains. Dorothée n'a pas d'autre choix que d'affronter le zombie Astryax  qui est bien décidé à déguster son cerveau.


Les sentinelles gobelours se ruent sur la porte.

Dorothée se place en embuscade derrière Gulgan : ça va chauffer !


L'alerte donnée, des renforts goblinoïdes convergent vers le temple. Ils sont rapidement éliminé par le fer et la magie. Mais déjà derrière la première vague se profile un géant et des dizaines de fantassins. Le temps est désormais compté pour les serviteurs de la Couronne.


Le ménage est fait mais Boldovar est toujours bien présent.

Tandis que leurs compagnons livrent bataille, Dorothée et Richard fouillent les lieux. Ils doivent finalement se résoudre à l'évidence: Vangerdahast n'est plus retenu ici !

Toréa rencontre son destin.

Pendant ce temps, Boldovar se dévoile et se révèle être un redoutable adversaire. Toréa fait une découverte fatale à son sujet: Non content d'absorber la magie qui le cible, le grotesque personnage dévore aussi la magie des objets qui entrent en contact avec son corps. Privée de son arme magique, la paladine est réduite à l'état de cadavre desséché en quelques seconde par le touché de l'ignoble créature. Mais la faiblesse du monstre est révélée: il n'est vulnérable qu'aux attaques non-magiques ! Avide de vengeance après la mort de deux compagnons, Gulgan fend le monstre par le milieu d'un puissant coup de lame à deux mains. Mais point de sang, ni de cadavre, Boldovar se dilue dans l'espace, en lambeaux d'ombre ! Une effrayante pensée vient à l'esprit de Dorothée: la créature disposerait-elle d'un phylactère à l'image d'une liche ?



Mais, il n'est pas temps de penser à cela car Richard hurle qu'un dragon bleu est en approche, accompagné d'une étrange démon ailée. Tous se réfugient dans la cave tandis que l'air se charge d'électricité. Invoquant la magie, Bolak ouvre un nouveau seuil: il est temps de partir.



lundi 9 septembre 2019

Fall Of Cormyr 05

Après avoir défait les sbires de la Main Rouge, les Écus de Fortune ont exploré le fanum d'Azouth et découvert un passage secret menant vers de sombres profondeurs. Ils se tiennent désormais sur les rives d'un lac souterrain...


La tombe de Boldovar

Les eaux noires du lac s’étalent menaçantes devant les compagnons, même les lumières continuelles ont quelques difficultés à percer les ténèbres des profondeurs. Avant d’aller plus avant, Dorothée modèle la Toile sous la forme d’un sortilège de Respiration Aquatique afin d’en doter la compagnie, Richard renforce les capacités magiques en invoquant les forces naturelles sous forme d’un sort de Marche sur les Eaux. Puis le rôdeur s’entoure d’un enchantement de Liberté de Mouvement. Pendant ce temps Gulgan se hisse dans la barque au côté de Bolak. Ils sont rejoints par Dorothée tandis que Richard et Astryax s’engagent sur les flots d’un pas d’abord incertain puis plus affirmé. Evendur, quant à lui, ferme la marche.


La barque est prise d'assaut par des blêmes.


Les membres des Écus de Fortune sont à peine engagés sur le lac que le sifflement typique de traits fendant les airs retentit suivi du cri d’Evendur touché par un carreau d’arbalète : Embuscade ! Immédiatement Astryax et Richard s’élancent dans les ténèbres afin de localiser les agresseurs. Quelques pas suffisent pour que la lumière des lanternes révèle un ponton fortifié sur lequel se tiennent des arbalétriers squelettes. Le ponton est un simple tablier de dalles en pierre, qui repose sur un affleurement rocheux. Un pont suspendu en bois s'élève de plusieurs mètres jusqu'à une vaste porte creusée dans la falaise en surplomb.
Les deux aventuriers n’entendent pas laisser les morts-vivants tirer de nouveau et chargent. Mais le piège se referme déjà : des blêmes surgissent des flots prenant par surprise le reste des héros. Un violent combat s’engage. Si les adversaires ne sont guère dangereux individuellement, les conditions de l’affrontement sont particulières : eaux et ténèbres. 

Ghost Belhorder de la série "Belhoder Collector Set"
L’inquiétude monte d’un cran lorsque un globe oculaire surmonté de pédoncules se dévoile : un beholder ! Cependant, la créature semble lente et peu réactive. Ses maléfices frappent aléatoirement les compagnons. Evendur parvient finalement à distinguer au mieux le monstre: il s'agit d'un beholder zombifié. La créature reste pourtant redoutable. En effet, un des rayons frappe l'eau à quelques pas du guerrier-mage, ce qui a pour effet de la vaporiser. Le mort-vivant dispose donc toujours de son terrifiant rayon de désintégration.

Dès le début de l'engagement, Dorothée est paralysée par le poison des blêmes et Bolak recourt à un puissant renvoi des morts-vivants pour empêcher les blêmes de dévorer leur proie.

Bien que libérer de la majeure partie des goules aquatiques, Astryax et Richard sont toujours à la peine. Ils ne parviennent pas à prendre pieds sur le ponton défendu avec acharnement par les combattants squelettes. Il faut attendre une Boule de Feu habilement invoquée par Gambacorta pour libérer la plate-forme.

Le Vade-Retro et la Boule de feu arrivent à point nommé car un nouvel adversaire entre en lisse. Il est de loin le plus redoutable et, il n'est que trop connu: un puissant Glabrezu. Le démon surgit du passage dans la falaise qui surplombe le lac. Il pousse un rugissement et affirme qu'il attendait les aventuriers.


Un vrock est un redoutable adversaire.


Cependant, rendu prudent par sa précédente défaite à Arabel, il invoque l'aide de trois dangereux vrocks. Les démons vautours s'élancent sur les compagnons tandis que le glabrezu s'amuse à dissiper les sortilèges lancés par les héros. Se faisant, il neutralise totalement la magicienne halfelin : ce démon n'a pas la mémoire courte et il est rancunier.


Evendur ne se sent pas de taille à affronter seul un tyranoeil, même mort-vivants.

Cependant, malgré la présence des vautours démoniaques, le combat tourne peu à peu à l'avantage des défenseurs de la Couronne. Le glabrezu, prudent, se retire dans les profondeurs du tombeau, à l'instant même où Evendur, à la surprise générale, le charge en hurlant. Le guerrier-mage n'est cependant pas assez rapide. La porte s'est refermée. Dépité, l'agent de l'ordre de l'Etoile filante rejoint ses compagnons pour finir de nettoyer la zone.

Une fois les derniers monstres vaincus, les aventuriers se regroupent devant le pont donnant accès au tombeau. Une lourde porte de métal  frappée d’un crâne en interdit l'entrée. Surmontant le crâne, Evendur déchiffre une inscription en thorass :

« Ce qui fut fait ici, le fut pour le bien du Royaume. Nul sacrifice n’est trop grand pour que vive le Dragon Pourpre. »

Astryax, quant à lui, remarque une rune explosive tracée dans le sol, au pied de la porte. Elle est aisément visible car le piège a déjà été déclenché et ne représente plus une menace. Cependant, la porte est close et le baron ne parvient pas à découvrir le mécanisme d'ouverture. Il invoque donc un sort de Détection de la magie afin de percer ses mystères.  L'enchantement fait apparaître l’énigme suivante :

« Sans la lumière que nous fuyons, nous n'existerions pas. »

Alors que les compagnons réfléchissent au sens de l’énigme, Bolak hurle depuis l'autre côté du pont  : les ombres !


Evendur affronte le minotaure alors que derrière lui le pont cède sous le poids de Gulgan

L'ouverture du portail révèle un couloir d'environ 12 m de long sur 3 de large et 6 de haut. Il se termine en cul de sac occupé un trône sur lequel un squelette de minotaure monte une garde éternelle. Il s’anime dès que la porte commence à s’ouvrir. Il a ordre d’attaquer tout être vivant qui franchit le seuil et n’est pas un serviteur de Tiamat. Le monstre charge donc, tête baissée, et parvient à empaler Evendur avant d'être détruit.  Ayant rejoint Evendur, qui déjà examine le sol, Astryax découvre un levier, saillant du mur, permettant de fermer ou d’ouvrir la porte de l’intérieur.

Si deux doubles portes s’ouvrent dans les murs de droite et de gauche, c'est le trône qui attire l'attention des Écus de Fortune. 

Un bon observateur comme Evendur remarque une différence dans la nature des joints entre les pierres formant le dossier et les autres joints de maçonnerie, mais aussi des marques sur le dallage. un peu de concentration permet à Astryax de découvrir le mécanisme d’ouverture dans l’un des bras du siège. A déclenchement, le siège du trône s’avance de 3 m tandis que le dossier se scinde en deux et disparaît dans les murs. Dès que le passage est ouvert, une odeur pestilentielle emplit le couloir.

Richard, Astryax et Evendur s'avancent dans la salle. Ils découvrent une crypte aux murs de pierre où règne une odeur abjecte. Sur la  dalle, au centre de la pièce est posé un cercueil dont le gisant est décalé. Scellée au mur nord, un piédestal supporte ce qui semble être un crâne en feu.  Soudain le crâne ardent s’élève dans les airs et dit: «  Ainsi vous l’avez retrouvé mais je suis votre mort » 

Le combat s'engage immédiatement et le crâne feu est rapidement mis hors de combat. Cependant, il n'est pas seul à garder ce lieu. D'étranges démons bitumeux, dissimulés dans les recoins obscurs du plafond, tombent littéralement sur les imprudents.


Le combat s'engage, féroce et sans pitié.

Ils sont rapidement rejoint dans la mêlée par des démons des ombres qui surgissent hors les murs. Mais Tymora et Azouth semblent veiller sur les héros du Cormyr. Les démons sont vulnérables à la lumière vive et sont donc fortement handicapés par les objets porteurs de sorts de Lumière Continuelle que les compagnons possèdent.

Le glabrezu, apparu sur les arrières du groupe, ne met pas longtemps à comprendre qu'il a, une nouvelle fois, était mis en échec. Les railleries de Gulgan, Astryax et Dorothée ne le forcent pas à commettre l'erreur d'entrer au combat. Il fuit rapidement en recourant à un sortilège de Vol, escorté par ses démons des ombres.




Dorothée porte le coup de grâce aux derniers démons en modelant un impressionnant Mur de Glace. Le combat s'achève aussi brusquement qu'il avait commencé. Pourtant la mêlée fut âpre et sans les sortilèges de guérison de Bolak, le sort des armes aurait pu basculer. 


Le mage Vangerdahast est découvert pris dans un sort de stase.


S'approchant du cercueil de pierre, les aventuriers découvrent que le gisant est sculpté à l'image du roi Boldovar. Mais, à l'intérieur, gît Vangerdahast, immobile, en tenue de magicien de guerre. Dorothée identifie un sort de Stase qu'elle s'empresse de dissiper. Le Mage Royal est désormais libre, bien que très affaibli. 

Tandis que Bolak dispense des soins à Vangerdahast, Dorothée et plusieurs autres compagnons entreprennent de fouiller le reste du tombeau. Ils découvrent tout d'abord une vaste pièce bibliothèque, aujourd'hui dévastée.  Cette salle de lecture était le seul plaisir concéder à Boldovar lors de sa captivité. Désormais les ouvrages sont rongés d’humidité et de moisissure. 

Puis ils pénètrent dans une sinistre étude dont les murs sont recouverts de vélin quasi transparent : de la peau humaine tendue et traitée spécialement. Sur chacune de ces « feuilles » ont été dessinées de macabres portraits figeant pour l’éternité l’horreur sur les traits des sujets. Astryax comprend qu'il s’agit des portraits des mages de guerre à qui appartiennent les peaux. Dorothée et le baron reconnaissent, à leur grande horreur certains des visages. Au milieu de la pièce, suspendue au plafond, se trouve un mage de guerre empaillé  suspendu à une chaîne.  Enfin, 3 cercueils dont l’un contient encore des ossements sont alignés le long du mur sud.
Sur les murs, un ensemble d’étagères supportent de l’outillage de taxidermie ou de dissection. Sur le plan de travail, plusieurs bocaux contiennent divers organes, et d’autres les produits nécessaires à la conservation. Dans l’un des tiroirs, Evendur découvre un tube à parchemin en os taillé dans un tibia. A l’intérieur se trouve un parchemin contenant plusieurs sorts : Conservation des organes, Simulacre de vie et Rayon de givre.

Et enfin, ils découvrent une dernière salle: celle du trésor. Cette pièce est l’ancienne chambre de détention de Boldovar. Il ne reste rien du mobilier d’origine. Elle sert désormais de salle au trésor pour le  glabrezu. En effet, les morts-vivants ne s’intéressant pas aux richesses, le démon a jugé l’endroit propice pour déposer son butin accumulé depuis le début de la guerre.
On trouve donc éparpillés dans des sacs, des bourses, sur le sol 600 pouces de cuivre, 6000 faucon d’argent, 900 dragons d’or, 130 tricouronnes, 14 pierres précieuses (50 po), et une fiole d’huile d’affûtage (DMG p189), une épée courte +2, une cuirasse +2 frappée d’un Lion de sable lampassé de gueule.

Le butin est chargé dans des sacs et posé sur un disque de Tenzer avant que la compagnie ne se téléporte à Suzail.


Dorothée utilise un sort de Téléportation pour retourner à Suzail.

Victoire de la Compagnie des Écus de Fortune
La suite: le conseil de guerre

samedi 30 juillet 2022

La chute du cormyr

 Le fanum de Tiamat - Séance 02

A la fin de la dernière séance (Cf. Séance 01), les compagnons avaient pris d'assaut le temple de Tiamat. Après avoir vaincu Tyrgarum le dragon bleu, les héros avaient forcé l'entrée du temple et atteint la salle dénommée le Foyer. Cette pièce rectangulaire était un vrai kaléidoscope. Au centre de cette dernière cinq têtes de dragons sculptées dans la pierre descendaient du plafond. Dans chacune de leurs gueules brûlait un feu d'une couleur différente. Ils y avaient affronté et vaincu deux abishaï mineurs avant de s'intéresser aux portes.

En plus de la porte par laquelle ils étaient entrés, trois autres portes se découpaient dans les murs. La double porte au nord arborait une main griffue rouge mais elle se révéla fermée.  La capitaine Soranne ouvrit la porte de droite et n'eut que le temps d'apercevoir des prêtres hobgobelins avant qu'un mur de ténèbres ne les dissimule à sa vue. Et maintenant la suite…


Richard attaque soudainement Dorothée.

Alors que Talbert ouvrait la porte de gauche accompagné de Bolak et que Banedonsuivi par Trellana, affrontait le mur de ténèbres, Richard posa un regard étrange sur la magicienne halfelin. Invoquant Silvanus, il apposa sur elle la marque du chasseur, puis encocha une flèche. Inconsciente du danger, Dorothée modela la toile afin de dissiper le mur de ténèbres. Le ranger décocha son trait avec une précision extrême faisant voler en éclat le sceau arcanique qui protégeait l'abjuratrice. Alors que Richard encochait une nouvelle flèche, Soranne se jeta sur lui afin de le ceinturer en lui hurlant dessus. 
- C'est une traîtresse ! répondit Richard  J'ai enfin compris pourquoi l'ennemi dispose toujours d'un coup d'avance. Laissez moi la tuer !
- Non tu te trompes, tu n'es plus toi-même ! reprends toi !
Comprenant que le ranger était charmé, Bolak et Dorothée  cherchèrent l'origine du sort. Ils avisèrent alors qu'un asbishai avait survécu et se tenait en surplomb du groupe sur l'une des corniches. En effet, lors de l'assaut le diable s'était dissimulé derrière un mur illusoire, attendant son heure. Celle-ci fut courte car dès qu'il fut repéré, il connut une fin rapide mais violente sous les haches de Clangeddin. Dorothée dissipa parallèlement le sort dont été victime Richard .

L'abishaï bleu dispose de pouvoirs magiques

Ignorant le drame qui s'était déroulé dans la pièce au kaléidoscope, Banedon s'enfonça dans les ténèbres magiques qui se dressaient devant lui. Il pouvait sentir une présence hostile sans la voir mais sa foi en la Grande Mère le protégeait. Les ténèbres se dissipèrent sous l'effet de l'incantation de Dorothée et le prêtre de Chauntéa se trouva nez à nez avec un humanoïde à la peau recouverte d'écailles noires aux reflets verts. Deux cornes lui sortaient des tempes et semblaient presque lui envelopper le crâne. Enfin une paire d'ailes évoquant celle de chauve-souris achevait de le rendre terrifiant. Il maniait un cimeterre à large lame qu'il apprêtait à abattre sur l'humain. Pris de court par le retour de la lumière, il fit un bond en arrière et vomit un souffle d'acide qui frappa le clerc. Ce dernier réagit promptement en chargeant le pillard rejeton noir. Alors qu'il s'élançait, des traits magiques le dépassèrent par la droite et gauche, frappant des défenseurs hobgoblins qui se tenaient un peu plus loin dans le couloir. 

Banedon, fort du soutien de ses compagnons, abattit sa masse à tête de mort et fracassa le crâne de l'abishaï d'où s'écoula une humeur noire et bouillonnante. Avec la mort du monstre, Banedon sentit qu'il fallait pousser l'avantage et il poursuivit sur sa lancée en direction des hobgobelins. Trellana le rejoignit en quelques rapides enjambées, Dorothée restant un peu plus en retrait. Une partie de jeu du chat et de la souris allait se jouer dans les couloirs, les drakeïdes et les prêtres hobgobelins de la Main Rouge préférant éviter l'affrontement direct.

Un serviteur de Tiamat se dresse devant Banedon


Laissant derrière eux les bruits de l'offensive conduite par BanedonSoranne suivie par le Seigneur Talbert, Richard et l'alaghar Bolak progressèrent dans le couloir qui s'étirait à l'opposé de celui pris par le clerc de Chauntéa. Après la découverte d'une petite réserve, ils se tirent un instant devant une porte un peu plus large que les précédentes avec le sentiment que le mal était tapis derrière. Ce sentiment était probablement dû à l'odeur de charogne qui régnait aux abords de la porte.

Levant son bouclier et Ossuaire sa lame légendaire, Talbert fit signe à Soranne de tourner la poignée. La porte s'ouvrit sans un bruit et les combattants se ruèrent à l'intérieur en poussant force cris de défis auxquels ils reçurent en réponse de nombreux grognements. L'ennemi les attendait !


La salle de garde est prise d'assaut

Les serviteurs de la Reine Dragon se tenaient dans une vaste salle voûtée qui devait servir à l'origine de caserne pour les gardes. Mais de nombreuses pièces de mobilier avaient été entassées en haut d'un escalier pour former une barricade de fortune, preuve que la mort de Tyrgarum le dragon bleu et l'assaut rapide qui s'en était suivi avait pris de court les défenseurs. Outre les guerriers drakéides verts, c'est le corps en décomposition d'un dragon aux écailles de cuivre de plus de 5 mètres accroché au plafond par de nombreuses chaînes métalliques qui attira l'œil des aventuriers.


Soranne fait face à un champion divin de Tiamat.

Mais le temps n'était pas à l'inaction, déjà une monstrueuse silhouette s'avançait depuis les ombres. C'était un énorme guerrier draconien recouvert de la tête aux pieds d'une magnifique armure ciselée, frappée aux armes de la Reine Dragon. Son casque recouvrait entièrement sa grosse tête: il était conçu pour abriter son immense gueule proéminente et d'impressionnantes dents dépassaient de sa mâchoire inférieure. Le champion de Tiamat, car s'en était un, fit tournoyer sa lame et chargea la capitaine Soranne. Cette dernière s'avança vivement et enfonça son épée dans le flanc du monstre qui n'en eut cure. Le draconnien projeta son genou dans l'estomac de l'humaine qui se plia en deux et il enchaina avec un brutal coup d'épée. Le sang jaillit et Soranne se retrouva sur le ventre sonnée. Elle voyait flou et la créature était dressée au-dessus d'elle

Ossuaire s'écrasa alors sur la tête du monstre, jetant la créature à genoux. Un deuxième coup de la lame magique trancha les chairs de l'épaule au milieu de la cage thoracique et le draconnien s'écrasa au sol, un sang noir coulant abondamment de la blessure mortelle. Des points lumineux dansaient devant les yeux de Soranne, mais elle se remit sur pieds malgré la douleur qui résonnait dans son crâne.

- C'est pas fini ma belle ! cria Talbert, faisant déjà mouvement vers son prochain adversaire

En effet prendre d'assaut la barricade n'allait pas être simple. Les drakéides verts ne cessaient de recourir à leur souffle corrosif pour tenir leurs adversaires à distance et l'air était désormais saturé de vapeurs délétères. De plus, les reptiliens avaient l'air trop sûr d'eux, une telle confiance ne pouvait signifier qu'une seule chose: que d'autres horreurs étaient à venir ! 


La mort du Champion de Tiamat permet aux héros de pousser vers l'avant.

Un rugissement à glacer le sang retentit derrière la porte défendue par les drakéïdes et celle-ci commença à s'ouvrir. Une créature humanoïde et squelettique franchit le seuil. Talbert reconnut immédiatement un diable osyluth car il avait déjà vaincu pareil baatezu par le passé. (Cf. La bataille de la vallée hantée.). Le diable étendit ses ailes recouvertes d'une fine couche de peau afin de se grandir et paraître plus impressionnant qu'il ne l'était. Il tourna le masque d'horreur qui lui tenait lieu de visage vers le paladin et, tel un papillon attirait par la Lumière, il bondit ! 

Un baatezu Osyluth se joint à la bataille.

Pendant ce temps, dans le couloir attenant à la salle de garde, Banedon, Trellana et Dorothée avaient peu à peu repoussé  les défenseurs. Ils achevaient de tailler en pièce les derniers d'entres eux et étaient désormais tout proche d'une porte ouvrant sur la pièce où Talbert et ses compagnons lutaient pour leur vie. La tâche avait été grandement simplifiée car la plupart des monstres n'avaient guère plus opposé de résistance suite à l'apparition d'un symbole hypnotique invoqué par Trellana. Banedon, entouré d'esprits gardiens, n'avait eu qu'à les faucher comme les blés. Une dernière poche de résistance s'organisa autour d'un prêtre de guerre et d'une ravageuse hobgobeline. Cette dernière invoqua une inefficace tempête de glace sur les héros avant d'être engloutie par une colonne de feu. Le prêtre de guerre de la Main Rouge s'était opportunément replié dans la salle de garde, espérant probablement y trouver du renfort.

Les derniers défenseurs drakeïdes sont vaincus.

Mais il venait de plonger dans une mêlée toute aussi acharnée. Talbert ferraillait avec la rage d'un berserker contre le diable osseux. Son visage était aspergeait de sang, comme son plastron et ses bras, ce qui lui conférait une apparence quasi démoniaque. Une masse grouillante de lémures se déversait à la façon d'une masse de chair fondue roulant sur le sol par la porte d'où avait surgit l'osyluth. Bolak  brisa l'échine d'un drakéide trop courageux et appela son Saint Patron. La magie de Clangeddin se matérialisa, vrombissante, sous la forme d'une barrière de lames qui dévasta les rangs des lémures et plongea les drakéides survivants dans la déroute. La bataille pour la salle de garde touchait à sa fin, les derniers défenseurs drakéides abandonnaient leur barrière de fortune afin de battre en retraite sous les traits précis et mortels de Richard


Des lémures se déversent dans la pièce.

Le prêtre de la Main Rouge, incrédule face à la scène, dut se reprendre rapidement en raison de la charge de Soranne. La guerrière abattit son épée vers le monstre lui entaillant profondément le bras gauche. L'hobgobelin recula en grondant, son regard mauvais posé sur Soranne. Il la dominait en taille et en force mais elle se dressait sans peur dans une posture de défi. Un sourire mauvais ourla la face de citron du monstre quand il comprit que la jeune femme était déjà grièvement blessée et il se jeta sur elle avec un grondement de fauve. Elle esquiva habilement la première attaque mais le hobgobelin avait anticipé son mouvement et projeta son étoile du matin sur une trajectoire circulaire. Soranne manqua de peu d'être décapitée. Projetée dans les airs, elle s'écrasa sur le mur proche et s'effondra au sol immobile. Le clerc de Tiamat n'eut guère le temps de savourer son triomphe, que Banedon abattait déjà sa masse sur son visage l'enfonçant comme un fruit trop mur. Puis il se détourna du cadavre pour rejoindre Dorothée dans le couloir. En effet, deux diables barbus y avaient fait irruption, surgissant d'une salle encore non sécurisée. Les deux baatezu périrent par le feu et l'acier en quelques secondes. 

L'osyluth comprend vite qu'il n'est pas de taille face à un paladin de Lathandre.

Alors que les combats touchés à leur fin, l'odieux caquètement de l'osyluth retentit dans les couloirs. C'était le cri de rage d'un baatezu banni pour des siècles des royaumes par le bras armé de Lathandre. Epuisé mais empli d'une immense fierté, Talbert rengaina Ossuaire avant de se laisser glisser contre le mur. Déjà Bolak s'affairait auprès des blessés afin de leur faire bénéficier de la magie curative de Clanggedin. Trellana s'était précipitée vers la silhouette étendue de Soranne. Elle se jeta à terre et vérifia son pouls. Elle n'en trouva aucun: l'âme de Soranne voguait vers le domaine de Kelemvor, le Dieu de la Mort. Le silence se fit parmi les compagnons et nombreux furent les regards qui se tournèrent vers l'Abbé Banedon

L'Ensemenceur de la Grande  Mère souleva le corps sans vie de Soranne et la déposa dans l'une des couches réparties dans la salle de garde. Puis il saisit une petite gemme dans sa poche de ceinture avant d'invoquer l'âme de la défunte. La gemme resta un instant en suspension au-dessus du corps, puis elle parut se dissoudre dans le vide alors que le sort de rappel à la vie faisait effet. Soranne avait répondu présente à l'appel du devoir et renoncé pour un temps aux délices du royaume de Tempus. Alors qu'elle se redressait, elle fut enveloppée par la chaleur de soins complémentaires dispensés par Bolak. La vilaine blessure à la tête infligée par le prêtre hobgobelin s'effaça.

Trellana découvre les cuisines
Trellana, Richard et Dorothée s'assurèrent ensuite qu'aucun ennemi ne s'était dissimulé dans quelque salle inexplorée. La maître-choriste elfe se rendit entre autre dans la salle d'où les diables barbus été venus. Elle y découvrit une cuisine éclairée par le crépitement d'un four ouvert et dissimulée derrière un buffet une dame d'un certain âge à la poitrine généreuse. Elle était terrifiée et répondit sans aucune difficulté aux questions des aventuriers une fois calmée. Elle se présenta sous le nom de Laryssa et affirma avoir été capturée lors d'un raid au nord de Trallec. Elle ne devait sa survie qu'à ses talents culinaires car si les drakeïdes chassaient pour se nourrir, il n'en était pas de même des prêtres hobgobelins et du Seigneur Azzar Kull. Elle raconta avec effroi ce qu'elle a été obligée de cuisiner pour survivre et leur montra la réserve dans laquelle les corps d'humains et d'autres humanoïdes étaient entrain de sécher

Cependant, la barde elfe n'était pas dupe et soupçonnait quelques viles tromperies. Aussi lorsque Dorothée lança un sort de détection de la magie sur les cadavres, l'elfe lui demande de sonder Laryssa. Comme de juste, la cuisinière n'était pas de qu'elle prétendait. Découverte, elle reprit son apparence, celle d'une infâme guenaude avant de disparaître d'un claquement de doigt laissant derrière elle une odeur d'oeuf pourrie.  La fuite de Laryssa avait été trop rapide pour quiconque puisse réagir, seuls les dieux savaient où la sorcière avait pu se télèporter.


Laryssa menait une vie paisible avant l'arrivée des héros.


Le temps d'un repos court

Les compagnons avaient vaillamment combattu mais au prix d'une adynamie grandissante. le Seigneur Talbert précisa qu'il avait épuisé toute la puissance que sa divinité lui accordait entre deux recueillements, Bolak opina du chef car il avait lui-aussi beaucoup puisé dans la puissance divine. Frère Banedon était dans le même cas, mais il avait conscience que le temps était plus que compté rejoignant en cela la capitaine Soranne. Cependant cette dernière n'était pas confrontée aux mêmes impératifs que ses compagnons religieux: ses lames parlaient pour elle. Du côté des lanceurs de sorts profanes Trellana était pour pousser l'avantage et il en était de même pour Dorothée Gambaccorta. La halfelin s'était volontairement tenue en retrait du gros des combats afin d'assurer au groupe un appui magique conséquent par la suite. Décision fut donc prise de poursuivre l'assaut sans attendre: aucune légion démoniaque de Tiamat ne marcherait sur les terres du Cormyr.


Toujours plus loin

Empruntant le grand escalier central découvert à l'issu des combats, les aventures progressèrent plus avant dans le Grand Temple de la Reine Dragon. Après une  ascension assez longue, ils débouchèrent dans une immense caverne éclairée par des centaines de bougies rouges, bleues, vertes, noires et blanches, posées dans des niches creusées dans les murs ou sur des chandeliers fixées aux extrémités de longs bancs qui occupaient l'espace par lequel ils étaient arrivés. Le plafond semblait monter à une hauteur de presque vingt mètres, mais il était difficile de s'en rendre compte à cause des bandes de cuir qui y étaient accrochés, pleines d'écailles et de griffes de dragons bons.

Depuis leur position surélevée, les héros dominaient un vaste espace au centre duquel trônait un imposant autel en pierre, sale, tâché et brulé. Des têtes de dragons sculptées s'élevaient comme les doigts d'une main retournée s'apprêtant à saisir l'autel. Le squelette d'un immense dragon était lové autour de laraire maléfique. Un rire nerveux parcourut le groupe à la vue du monstre.

- C'est qu'un squelette les amis lâcha Gambaccorta avec un manque de conviction évident.

- C'est certain appuya ironiquement l'abbé Banedon. Après tout nous ne sommes que dans le temple de la Reine des Dragons.

Peu impressionnée, où alors totalement inconscience du danger, Soranne progressait déjà en direction de l'autel en empruntant une courte volée de marches à l'est de sa position tandis que le ranger s'éloignait discrètement du groupe avec l'intention évidente de se tenir hors de portée d'un éventuel souffle draconnique.

Le grand temple de Tiamat est bien gardé.

Bien lui en pris car l'immense dragon darda brusquement son long cou en avant en ouvrant grande sa gueule. Des volutes de fumée noires et épaisses jaillirent dans toutes les directions. Tous à l'exception de Trellana Ombre-Nocturne réagirent promptement, qui en se jetant au sol, qui en s'écartant. La Maîtresse-choriste de la loge Tiri-Kitor éprouva une terreur sans nom quand elle sentit ses membres se figer et son sang s'épaissir, son cœur menaçait de s'arrêter.

Talbert s'avança alors crânement face au monstre, enveloppant de sa sainte aura l'elfe de cuivre qui reprit lentement le contrôle de son corps. Invoquant la puissance de Lathandre, le paladin psalmodia une prière contre les morts-vivants.  Le flux divin frappa la dracoliche sans aucun effet visible. C'est alors qu'il entendit Banedon l'alerter:

- C'est un golem ! C'est un golem draconnique ! Il y a des attaches métalliques entre les os ! 

Voilà qui changeait tout ! Sûre d'elle Gambaccorta s'avisa de la présence de Soranne qui frappait désormais de taille et d'estoc le monstrueux squelette ainsi que celle d'un guerrier draconnique qui s'était glissé subrepticement dans la pièce par un passage secret. Les deux humanoïdes étaient dans l'aire d'effet de son sortilège mais cela importait peu. L'air crépita autour de l'halelin alors que la magie se pliait à sa volonté. D'un simple mot, elle inversa la gravité dans l'espace entourant le dragon. L'immense colosse alla s'écraser sur le plafond  tandis que Soranne se trouvait prise dans les raies d'un sortilège de chute de plume. D'un simple geste la magicienne rétablit l'apesanteur et le golem heurta le sol en réponse dans un fracas  assourdissant. Pourtant il redressa sans émettre la moindre plainte. On aurait dit quelque antique divinité de Mulhorandi s'éveillant au monde car le squelette était désormais revêtu des bandes de cuir qui, quelques instants auparavant, pendaient au plafond. Gambaccorta restait interdite , comment était-ce possible ? A ses côtés, tout en décochant un trait mortel qui sécha le draconnien miraculeuse en vie, Trellana s'exclama:

- C'est un golem Dorothée ! Un golem ! Il ne peut être détruit que par des attaques magiques ! La chute ne l'a en rien entamé, reprends toi !

La honte d'avoir commis une telle erreur le disputait à la colère  et déformait les traits habituellement joviaux de la pieds-velus. Ce golem commençait vraiment à l'énerver !  Sur sa droite, Banedon et Bolak agissaient de concert. Les flammes sacrées de Chauntéa et Clangeddin s'abattaient depuis les nuées sur le titan squelettique, entamant peu à peu sa résistance. Mais ce dernier refusait de se laisser vaincre.


Un golem draconnique ne peut être vaincu si aisément.


La caverne vibra sous le cri de défi du dragon au regard étincelant. Il cracha une nouvelle nuée fuligineuse en direction de la magicienne et des prêtres qui n'eut aucun effet notable. Puis le monstre vacilla sur ses appuis. Talbert avait rejoint Soranne dans la mêlée. Cette dernière était repartie à l'assaut dès qu'elle avait repris pieds sur le sol. Les deux combattants en armure s'attaquaient aux pattes du monstre tel des scolytes argentés sur un tronc d'arbre, arrachant d'importants morceaux d'os. En réponse, le golem planta une griffe aiguë et mortelle dans l'épaule de Soranne la clouant au sol comme un vulgaire papillon. La douleur était insoutenable pour la cormyrienne qui hurla. Voulant se porter à son secours, le paladin offrit une seconde ouverture au monstre qui l'écrasa sous une patte mais les immenses griffes en forme de faucille crissèrent sur l'armure de Talbert. Si son armure avait résistée, le simple poids du monstre suffirait à le tuer en quelques minutes.

Soudain une formule magique trancha l'air avec, précédant un craquement assourdissant : rozpadající se ! Au-dessus du vacarme, les compagnons entendirent le golem draconnique lancer un ultime rugissement. Une grande partie de sa cage thoracique avait tout simplement disparu. La sombre magie qui l'animait retourna à la Toile d'Ombre et la création s'effondra faisant pleuvoir des dizaines d'ossements sur Talbert et Soranne.

Quand le chaos cessa, les regards convergèrent vers Gambaccorta. La magicienne, bras tendus, haletait sous l'effort et la puissance magique qu'elle venait de déchaîner.

Les compagnons étaient maîtres du lieu mais pourquoi les récits épiques ne mentionnaient-ils jamais les souffrances endurées pour parvenir à ses fins ?




A suivre